La Maison-Musée de Gustave Moreau

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S’il y a bien quelque chose que j’adore faire après le travail étant donné que je termine mes journées à 15h, c’est de visiter des musées ! En semaine, c’est idéal puisque la plupart de ces jolis endroits sont vides de chez vides ! J’aime particulièrement ce que j’appelle les « maisons-musées », des endroits ayant un vrai vécu et où l’âme des artistes sommeillent toujours. Je suis déjà allée plusieurs fois au musée Gustave Moreau. Même si je suis beaucoup plus intéressée par l’art classique et baroque, j’aime découvrir de nouvelles choses et garder l’esprit ouvert. Ces balades me permettent toujours de rêvasser et de faire une pause avec le monde extérieur.

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Mais alors en fait, qui est Gustave Moreau ?

Gustave Moreau est un artiste peintre et sculpteur né en 1826 à Paris. Il est l’un des pionniers du Symbolisme, courant artistique qui s’inspire énormément du rêve et du mysticisme. Toute sa vie, Moreau accumulera des dessins, reproductions et œuvres chez lui dans le 9º arrondissent de Paris au 14 rue de La Rochefoucauld. Dans son testament, il léguera tous ses biens à l’Etat Français qui le transformera en musée et l’ouvrira officiellement en 1903 soit cinq ans après la mort de l’artiste.

Au fur et à mesure de mes visites, j’ai l’impression que chez les artistes, il y avait une réelle envie d’enseigner aux nouvelles générations et de léguer un réel héritage artistique. D’une certaine manière, en léguant leur maison à l’état, ils savaient que leur bien se transformeraient en musée et qu’ils resteraient toujours vivant ! Et puis, c’est tellement chouette de pouvoir se balader dans un endroit qui a tant d’histoires à raconter.

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Cette maison, constituée d’un rez-de-chaussée et de deux étages exposent je ne sais combien de peintures peintes par l’artiste tout au long de sa vie. Les murs en sont littéralement tapissés et permettent donc aux visiteurs d’admirer le style du peintre. Comme je le disais plus haut, Gustave Moreau faisait partie des symbolistes. Pour lui, créer revient à une quête de soi. Il ne peint pas pour représenter une réalité ou quelque chose qui se passe à un instant T, non… Ses créations viennent du plus profond de son âme ! Il y a une réelle quête spirituelle derrière le symbolisme. Les artistes cherchaient des réponses aux maux du quotidien et une élévation religieuse. Ses œuvres ne ressemblent vraiment pas à ce que j’ai l’habitude de voir, Moreau nous fait entrer dans un autre monde. Le réel n’existe plus…

Quelques sculptures sont aussi exposées. Gustave Moreau semblait apprécier travailler le corps humain, les détails… D’ailleurs, j’aime de plus en plus la sculpture ! Les expressions, les torsions du corps, les muscles dessinés, je trouve ça tellement beau ! Je vais sûrement très vite aller faire un tour au Musée Rodin (que je commence à très bien connaître !) mais je vais laisser la période des vacances scolaires passer pour éviter les troupeaux d’enfants bruyants ! 😀

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En plus des belles œuvres à admirer, il y a aussi de très beaux mobiliers ! On y trouve vraiment des merveilles comme ses fauteuils Louis XV, des amphores, des bougeoirs d’époque… C’est super beau. En revanche, je vous conseille vraiment de venir avec un objectif à petite focale (grand angle) car niveau espace dans ces salles… C’est vraiment compliqué de prendre une photo d’ensemble ! Il faudrait d’ailleurs que j’investisse car il m’arrive souvent de me battre avec un faible espace pour essayer d’avoir une jolie photo !

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On arrive maintenant au cœur de la maison, le nerf du nerf : le fabuleux escalier dans l’atelier de Gustave Moreau ! Très « Art Nouveau », cet escalier en torsade est à tomber ! Il est tellement original ! Je suis toujours en admiration à chaque visite ! Lorsque l’on se trouve en haut, on a une superbe vue sur l’ensemble de l’atelier ! MAGNIFIQUE !

Je vous conseille vraiment de visiter ce joli lieu. C’est toujours cool de rentrer dans la vie des artistes je trouve ! Il y a tellement d’endroit super comme celui-ci : Cognac-Jay, Nassim de Camondo… Ils méritent vraiment que vous y alliez ! J’adore le Louvre et Orsay mais parfois c’est tellement plus agréable de fuir la foule et de se retrouver seule le temps d’un instant dans un endroit hors du temps… ❤

D’ailleurs, connaissez-vous d’autres endroits comme celui-ci que je pourrais aller découvrir ? 🙂

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Azzedine Alaia : « Je suis couturier »

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Depuis le mois de Novembre 2017, le monde de la mode est en deuil. En effet, un des génies du milieu s’en est allé… Pour lui rendre hommage et pour la toute première fois, la Fondation Alaia organise sa toute première exposition. Sûrement la première d’une très longue série ! Jusqu’au 10 juin, au 18 rue de la Verrerie dans le 4° arrondissement de Paris, vous pourrez aller admirer plus de 40 chefs d’œuvres d’Azzedine Alaia. Des chefs d’œuvres, oui. Cette exposition prouve bien que la mode, la haute couture, est un art à part entière.

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« Je suis un couturier » – Azzedine Alaia.

S’il y a bien quelque chose dont Azzedine Alaia est fier, c’est d’être couturier. Il naît à Tunis en 1940 où il commence très jeune la couture auprès de sa soeur Hafida tout en suivant des études de sculpture aux Beaux-Arts. Etudes qui se ressentiront énormément dans son travail de styliste… Arrivé à Paris en 1956, il connait un moment de flottement, mais la chance va vite lui sourire ! Grâce à différentes rencontres, ils se créent un réseau constitué des plus grandes familles parisiennes ! Il décide alors en 1980 de fonder sa propre marque. Le succès est présent et Alaia se met à habiller tous les plus grands mannequins du moment dont la sulfureuse Naomi Campbell !

Cette première exposition organisée par la Fondation Alaia se trouve à l’endroit même où le couturier vivait et créait. C’était son atelier ! Plusieurs robes y sont exposées et c’est un réel plaisir d’y aller ! C’est tellement beau. Je connaissais très peu cet homme et son style et je peux vous dire que j’en suis tombée folle amoureuse ! Je crois d’ailleurs que le vigile m’a senti arriver car la première chose qu’il m’ait dite lorsque je suis entrée dans la salle c’est « il est interdit d’essayer les vêtements »… Cet homme a senti mon essence même ! 😀

Mais du coup, le style Alaia c’est quoi ? Tout dans cette exposition le définit…

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« Le plus simple est le plus difficile à créer » – Azzedine Alaia.

Ce que voulait Azzedine Alaia, c’était faire dans la simplicité. Créer quelque chose d’intemporel sans détails ou couleurs extravagantes qui pourraient plus vieillir qu’autres choses ses modèles. Tout comme Christian Dior, je pense qu’il aimait vraiment et sincèrement les femmes. Elles ne lui servaient pas juste d’étendard de son art ou juste de cintres vivants, non, elles étaient son sujet de prédilection ! Il n’aimait pas dessiner comme tous les stylistes font. Il aimait coudre sur les corps des mannequins, créer sur elles, les sculpter ! Plutôt intéressant lorsque l’on sait qu’il a fait des études de sculpture aux Beaux-Arts de Tunis. 😉 Ces études ont eu clairement un impact sur sa manière de créer ! Alaia joue avec les courbes des femmes et les sublime ! Il n’y a qu’à voir les robes exposées, elles ne peuvent que mettre en valeur un corps ! Franchement, je n’imagine même pas à quel point on doit se sentir belle dans une de ces pièces… Bon, évidemment, on évite de manger un couscous ou une raclette juste avant ! 😀 Plus sérieusement, ces robes sirènes aux inspirations rétros me vendent clairement du rêve ! Je rêverai de pouvoir porter un jour ce genre de robe. ❤

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Comme je le disais plus haut, la scénographie orchestrée par Olivier Saillard est à l’image des créations d’Azzedine Alaia. Simple et épurée. En effet, les robes exposées sont vraiment « simples ». Noires ou blanches, il n’y a qu’une robe rouge parmi toute la sélection. Elle est à tomber d’ailleurs ! 😉 Le couturier voulait que ses créations soient les plus simples possibles. Mais attention, simple ne veut pas dire sans intérêt, loin de là ! Et c’est d’ailleurs là que l’on peut remarquer le génie du mec ! Il joue avec les matières, les effets de tissus, les transparences… Les robes sont vraiment très travaillées ! Il y a énormément de détails malgré qu’elles soient « simples » !

Je trouve d’ailleurs que cette simplicité fait du bien aux yeux. Les robes sont tout bonnement divines. Il y a énormément de références dans celles-ci. Comme tous les artistes, ils s’inspirent de la Grèce antique et ça évidemment quand on me connaît, ça me plait ! 😉 Ces robes blanches aux jolis drapés… J’adore ! Alaia transforme ses mannequins en déesses ! J’ai aussi retrouvé des modèles s’inspirant parfois de loin ou de prêt aux spartiates ou encore à l’époque classique ! J’adore quand l’Histoire inspire les couturiers contemporains ! 🙂

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Je suis tellement en amour devant ces robes… Vraiment ! Alaia avait son propre style ! Il créait des œuvres sculpturales qui ne faisaient qu’un avec le corps féminin. Porter une de ses robes ça devait être un peu comme avoir une armure en fait ! Elles étaient faites sur mesure ! Franchement, je me verrais bien aller conquérir le monde avec une de ses créations moi ! Et je pense que c’est ça que créait aussi Alaia… Il transformait de simples femmes en divinités, reines, guerrières, actrices et tout ça en toute simplicité quoi ! Oui oui ! En tout cas, j’encourage tout le monde à aller voir cette magnifique exposition ! Vraiment, vous ne le regretterez pas ! Ces robes vendent du rêve ! Alors vous aussi, homme ou femme, prenez sur vous pour ne pas les essayer ! 😉

Au fait… 😀 Je sais que vous êtes de plus en plus nombreux tous les jours à venir sur mon blog et ça me fait TRÈS plaisir ! Ça me motive vraiment à écrire de plus en plus. J’adore partager des choses avec vous et j’essaie vraiment d’être la plus régulière possible dans mes publications !

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Exposition « Women House » à la Monnaie de Paris

IMG_8331mSi vous me lisez un peu, vous savez que je suis ce que j’appelle une féministe féminine, une féministe des temps modernes quoi ! J’en avais déjà parlé un peu dans un article : ma vision du féminisme en 2017. Alors, quand j’ai découvert sur Instagram, cette exposition à la Monnaie de Paris qui mettait en avant QUE des artistes féminines et qui abordait le sujet du statut de la femme dans la société… Forcément, je ne pouvais qu’y aller ! Cette exposition tombe tellement à pic pour moi. Je suis actuellement dans une phase où je me pose beaucoup de questions, comme toujours ! Le jour où je ne m’en poserai plus c’est que j’aurais les deux pieds dans la tombe ! 😂 Découvrir des femmes fortes et puissantes m’inspirent tellement. Elle m’éduquent, m’instruisent et me poussent à devenir mon propre fantasme ! 😉

L’exposition « Women House » aborde le genre féminin et un espace, celui du foyer, « l’espace domestique » qui a TOUJOURS été attribué aux femmes. Tantôt prison, tantôt refuge ou lieu de création, cette exposition aborde différents points de vues tous plus intéressants les uns que les autres. Cette visite a vraiment retenti en moi, je ne saurais l’expliquer pourquoi… De la même manière que lorsque je suis ressortie de l’exposition « Too Young to Wed« , je me suis dis que j’avais énormément de chance de vivre si librement et de pouvoir vivre ma vie comme je l’entends ! Ça me donne envie de faire tellement de choses… Et puis qu’on se le dise clairement, j’adore être une femme ! 😉

La problématique posée est plutôt simple… Et si en réalité, la maison avait été à une certaine époque une manière de dominer les femmes psychologiquement et surtout de dominer leur corps ?

« Soyez créatives, refusez votre rôle » – Birgit Jurgenssen

Effectivement, à une certaine époque, que ce soit ici en Europe ou aux Etats-Unis, le rôle de la femme était de rester bien sagement à la maison, de s’occuper de toutes les tâches ménagères, de faire à manger, de procréer, de s’occuper de ses enfants et de son mari bien sûr. Une sorte d’esclave moderne, une domestique clairement ! Et même pas payée en plus ! Ah et puis évidemment, elle devait vite se marier hein ! Parce qu’il fallait bien qu’elle appartienne à quelqu’un ! Ne parlons même pas d’ouvrir un compte à son nom, il est au nom de son mari of course ! Et puis, si jamais elle veut s’acheter quelque chose, elle doit aussi  passer par lui. Elle n’a pas son propre argent puisqu’elle ne travaille pas. Elle reste toute la journée enfermée dans une prison dorée.

Heureusement, après des siècles et des siècles a être considérées comme le sexe faible, les femmes se rebellent et reprennent leur vie en main ! Merci Mai 68 ! A partir de là, des questions concernant le rôle et le corps de la femme vont être abordées. La création de la pilule contraceptive, le droit à l’avortement, les questions sur la sexualité féminine… Les femmes s’émancipent peu à peu et leur rôle dans la société évolue. Elles font tout pour.

Des artistes féminines décident alors de parodier les stéréotypes des femmes bourgeoises. Regardez cette femme posant fièrement avec son aspirateur et tout sourire … Comme s’il n’y avait pas mieux à faire ! Et celle qui repasse carrément son mari… Les artistes décident de critiquer les stéréotypes féminins. Elles démontrent la triste réalité du rôle que la société a donné aux femmes, celui d’une simple domestique ou sa vie sociale et son épanouissement personnel sont inexistants ! Leur vie entière tourne autour de leur foyer. C’est tellement tout ce que je ne veux pas être quoi : une « bobonne » qui vit à travers quelqu’un d’autre et au crochet de son mari !

Leur seul passe temps ? Se faire belle, se pomponner, porter de jolies robes, de jolies bijoux et enfiler de beaux souliers. Comme si leur aspect extérieur était une façade, un masque qui cachait leur triste réalité et amenait peut être un peu de bon temps à leur existence. Il n’y a qu’à regarder les photos de Cindy Sherman pour se rendre compte que cela ne sert toujours pas à les sauver de leur quotidien. Cette femme étendue dans son lit… C’est comme si elle était déjà morte ! Elles sont toutes représentées seules, il n’y a aucune vie autour d’elle. Ce choix de les représenter seules sert sûrement à montrer à quel point elles peuvent souffrir de la solitude. Elles ne vivent pas, enfermée entre quatre murs. De même Karin Mack, ironise aussi sur ce rôle de femme au foyer. Elle se photographie vêtue d’une robe noire en train de repasser un voile. On la voit étendue sur la planche à repasser avec le voile lui recouvrant la tête. Elle représente sa propre mort. Je dirais même plus, elle montre que ses tâches quotidiennes tuent (psychologiquement) à petit feu.

De la même manière, au Portugal, Héléna Almeida se met en scène derrière des barreaux et grillages de maisons, symboles de sa captivité ! On ne voit que ses mains. Son corps tout entier disparaît, il n’a aucune importance. Sa main révèle seulement sa bague de mariage, c’est une épouse avant tout. Elle n’est plus rien d’autre. Sa personnalité s’efface. Et puis que se passe-t-il vraiment derrière ses portes ? En plus d’être victimes de la société, certaines sont aussi victimes de leur mari. Elles sont parfois violentées verbalement, psychologiquement (bah oui elles sont « bonnes à rien » !) et dans le pire des cas elles sont victimes de violences physiques et sexuelles. Car non, on ne refuse rien à son mari…

« Car ces femmes sont restées assises à l’intérieur de leurs maisons pendants des millions d’années, si bien qu’à présent les murs mêmes sont imprégnés de leur force créatrice. » – Virginia Woolf, 1929.

Certaines femmes refusent le rôle qui leur a été attribué à la naissance. Elle décident de transformer leur foyer en refuge. Il devient un cocon dans lequel elles peuvent donner libre cour à leur imagination, créer et s’épanouir à travers leur art. Dans les années 70, Franscesca Woodman se met en scène nue dans sa maison. Son corps fusionne avec les murs et les tapisseries comme pour symboliser le bien-être qu’elle trouve dans son foyer. La maison peut être un temple à soi, une extension de soi, un endroit où l’on se sent bien et où l’on peut créer. C’est ce que dit cette artiste, qu’il est important d’avoir un endroit juste à soi pour pouvoir se retrouver, se laisser aller à la réflexion et créer. La maison n’est donc pas forcément une prison. Il n’y a qu’à regarder aujourd’hui en 2018. Notre appartement/maison nous ressemble très souvent et on ne se sent nul part mieux que chez soi.

« Helmer : Tu es d’abord et avant tout épouse et mère.

Nora : ça, je n’y crois plus, je crois que je suis d’abord et avant tout un être humain, au même titre que toi. »

Henrik Ibsen, Une maison de poupée, 1879.

Cette pièce de théâtre présente les tout premiers mouvements d’émancipation des femmes. Des décennies plus tard, Penny Slinger détourne ce jeu d’enfant, la maison de poupée et met en scène des poupées dans chaque pièces dans des postures morbides. Elle tente de représenter une vie de femme où la violence mentale et physique est omniprésente. Les abus sont récurrents dans la vie de ces femmes d’un autre temps. Cette maison de poupée est assez impressionnante à voir en vrai je trouve ! On ressent bien le morbide et la violence. Elle est vraiment très inquiétante ! Une vraie maison de film d’horreur ! En même temps… L’artiste l’a appelé « The exorcism House » !

De même, Rachel Whiteread détourne un échiquier ! Les pions sont remplacés par les objets qui rythment le quotidien de ces femmes au foyer : Moquettes, fauteuils, planche à repasser… Encore une fois, c’est une critique du rôle attribué aux femmes. Parce que bon, il n’y a rien de super amusant à entretenir une maison !Il y a plus drôle et épanouissant quand même !

Après des millions d’années, les femmes décident enfin à couper les ponts avec leurs cages dorées et osent un mode de vie un peu plus nomade. Elles rêvent de parcourir le monde, elles n’ont plus peur. Elles souhaitent VIVRE tout simplement et ne plus se cantonner à être la domestique de toute la famille. Cette volonté de découvrir permet alors un enrichissement certain, de nouvelles connaissances et expériences.

Voici maintenant mon oeuvre préférée de l’exposition ! Je l’avais vue de nombreuse fois sur Instagram et je trouvais ça tellement impressionnant ! C’est d’ailleurs cette oeuvre là qui m’a intrigué et amené à voir l’exposition ! L’araignée représente aussi le foyer et la mère, celle qui tient toute la maison à bout de bras. Elle protège ses œufs comme une mère protégeraient ses enfants. Et en même temps, une araignée, ça a aussi mauvaise réputation… Bref, j’ai adoré cette exposition ! Comme je le disais, « Women House » est arrivée au bon moment pour moi. J’avais besoin de quelque chose pour me rebooster et me remotiver dans tous mes projets. Une nouvelle fois encore, je réalise que j’ai de la chance de vivre dans les années 2000. 😀

Et vous, vous vous sentez féministes ? J’aimerais bien savoir ce que c’est pour vous d’être féministe aujourd’hui, comment et pourquoi vous en êtes arrivés là ! 🙂

PS : Je voulais aussi vous dire merci pour tous les partages que vous avez fait concernant mon article sur Pierre et Gilles ! Ca m’a tellement surprise… Mais j’étais tellement contente ! Et en plus, Pierre et Gilles méritent vraiment d’être connus par tous tellement qu’ils sont géniaux et que leurs portraits vendent du rêve. En tout cas, ça m’a énormément motivé à partager encore plus ! Attendez vous à de belles choses prochainement ! 😉 En attendant, vous pouvez toujours me suivre sur Instagram pour ne rien rater de mes folles aventures ! Je pars dans 7 jours aux Etats-Unis en plus, ça vous fera voyager un peu avec moi ! 😉

Pierre et Gilles – Le temps imaginaire

Hier, après plusieurs années d’attente, j’ai enfin pu voir une exposition consacrée au duo d’artistes  Pierre et Gilles ! J’en rêvais royalement ! Je les ai découverts à l’époque du lycée et depuis, ils ne m’ont jamais quitté. J’avais déjà vu certaines de leurs œuvres dans des expositions à thème notamment l’exposition « Masculin / Masculin » au musée d’Orsay  en 2013 me semble-t-il… Mais mon rêve ultime était de voir ces toiles acidulées et kitschs à souhait dans un endroit qui leur serait entièrement dédié ! Il y a quelques mois, une exposition était organisée au Havre pour fêter leur 40 ans de collaboration… Mais j’attendais toujours celle qui serait organisée sur Paris !  C’est maintenant chose faite puisque jusqu’au 10 mars, vous pourrez aller admirer l’oeuvre de ces génies à la Galerie Templon au 30 rue Beaubourg, juste derrière le musée Georges Pompidou ! ❤

img_0075Pierre et Gilles, c’est une grande histoire d’amour ! Pierre est photographe et Gilles est peintre. Il se rencontre à Paris en 1976 et ne se quitte plus jamais. C’est un couple indissociable qui se complète parfaitement. Ils décident alors de s’unir aussi professionnellement et se mettent à créer ensemble. Leurs œuvres sont des photographies subtilement retouchées à la peinture. Leur mise en scène est vraiment très travaillée. Ce sont eux qui préparent tout le décor dans lequel leur modèle posera. Ils se considèrent d’ailleurs comme de véritables artisans.

« Immédiatement reconnaissables, mais constamment insaisissables » – Michel Poivert

Les artistes sont connus pour leurs légendaires portraits. Leur style est reconnaissable entre mille ! Les couleurs sont très saturées et pourtant une douceur se dégage de leurs toiles même quand elles paraissent plus « dark » qu’habituellement. Pour autant, ce ne sont pas des œuvres qui font mal aux yeux, elles intriguent. On n’a clairement pas l’habitude de voir ce genre de tableaux ! Ils ont de nombreuses influences comme évidemment le Pop Art. Ils s’inspirent aussi énormément du monde Bollywood notamment dans la surcharge de leur décor souvent très fleuri. Ils adorent revisiter les grands mythes de la mythologie grecque comme par exemple celui d’Hermès, La Mort d’Adonis ou encore Achille. Comme quoi, éternellement, la mythologie sera source d’inspiration. ❤ Evidemment, la religion et le sexe sont très souvent abordés aussi. Leurs œuvres sont  même parfois qualifiées de « pornographiques » mais honnêtement, il n’y a jamais rien de choquant ! Au contraire, leur art est une ôde aux corps. 😉

Les modèles sont vraiment très nombreux. Beaucoup de stars ont défilé devant leur objectif. Dita Von Teese doit avoir à peu prêt quatre portraits à son actif dont un avec son ex mari Marilyn Manson. Plus récemment, Stromae aussi a posé pour eux. Des stylistes, réelles icônes de la mode, comme Jean Paul Gauthier et Olivier Rousteing (Balmain) se sont aussi prêtés au jeu ainsi que de célèbres actrices telles que Rossy de Palma et Isabelle Huppert.

Pierre et Gilles ne travaillent qu’avec des gens qui leur sont proches et qu’ils apprécient. Quand ce ne sont pas des célébrités qui posent pour eux, ils demandent à leurs amis, parfois des inconnus, de poser pour eux. Pour créer l’illusion au maximum, il leur ai même arrivé de photographier des sosies de stars comme pour ce Michael Jackson et ce jeune Gérard Depardieu.

Le duo d’artiste transforme littéralement leur modèle. Il n’est pas question de juste faire un portrait banal mais bien de créer un monde, un univers imaginaire et donc, de transformer le modèle et son identité. Ils deviennent des héros ou des anti-héros, des personnages bibliques, des martyres, des divinités, des personnages tout droit sortis de comte de fée et on adooooore ! Ils ont bien évidemment une préférence pour les modèles masculins et ça, ça nous fait du bien, on aime. 😉 Ces hommes deviennent des muses et prouvent que des corps masculins peuvent être tout aussi beaux et érotiques que des corps féminins. Ça change vraiment de ce que l’on a l’habitude de voir. C’est tellement rare aujourd’hui de voir des hommes posés aussi lascivement… Bon, si on oublie les dieux du stades hein c’est vraiment pas la même catégorie là ! Tellement plus poétique. ❤

L’exposition est intitulé « Le Temps Imaginaire ». Elle dépeint un monde utopique où même la mort et la tristesse se transforment en quelque chose de beau et poétique. C’est un monde empli de gaieté qui y est dépeint où la tolérance est le maître mot. Il y a aussi quelque chose de très patriotique. Le bleu-blanc-rouge est omniprésent, plein de petits symboles rappelant la France s’y trouvent… Le temps s’arrête, tout se fige et on entre complètement dans l’univers de Pierre et Gilles. Ces tableaux aux cadres fait-main sont ornés de perles, de fleurs ou de billes ce qui donne un petit côté enfantin et assez amusant. Leur cadre fait partie intégrante de l’oeuvre. Ils ramènent un plus à l’histoire racontée. De plus, je pense que la jeunesse est honorée et que consciemment ou inconsciemment, les artistes nous motivent à poursuivre notre voie, à faire ce que l’on aime et à être qui l’on est vraiment. La vie est une fête auquel il faut aller ! Les plaisirs de la vie y sont bien représentés : les jouets (l’enfance), la musique, l’amitié, l’amour, le rêve, les fêtes entre amis… C’est une vision très utopique de la vie qui nous est dépeint.

Je suis super heureuse d’être allée voir cette exposition que je compte bien revoir avec d’autres amis. J’aime bien retourner voir des expos avec des personnes différentes à chaque fois pour voir leur réaction, je trouve ça super intéressant de voir la manière dont peuvent réagir les personnes. 🙂 Je vous conseille donc vivement d’y aller car il y a vraiment matière à voir ! Le style des toiles est vraiment dingue ! Les décors sont vraiment très amusants lorsque l’on prend bien le temps de les regarder et de les analyser comme par exemple ce bel homme étendu dans une fausse savane où tout est en peluche ! J’adore, il y a vraiment beaucoup d’humour ! J’aime tellement cet univers coloré !

Par contre, petit conseil d’amie. Ne vous faite pas avoir comme moi… La galerie Templon est divisée en deux. C’est à dire qu’il y a vraiment deux salles distinctes : une sur le trottoir de gauche et une autre bien cachée dans une ruelle sur le trottoir de droite ! Moi, quand je me suis rendue compte que j’avais zappé une salle où se trouvaient la majorité des œuvres… J’étais déjà dans mon RER sur le chemin du retour ! Mais passionnée que je suis, j’ai de suite rebroussé chemin ! Et j’ai bien fais ! Puisque c’était le vernissage et Pierre et Gilles étaient présents en chair et en os !!!!!! OUI OUI ! Mais je n’ai pas osé aller leur parler, c’est ma grande défaite du jour ! Je regrette tellement mais je n’avais pas envie de les importuner et puis ils étaient très entourés ! En tout cas, j’ai bien fais d’y retourner, mon œil les a localisé à peine arrivée sur les lieux ! J’espère qu’il y aura un vernissage de fin pour prendre mon courage à deux mains et aller leur adresser deux trois mots (oui je suis une groupie !).

Bref, courrez y et en plus… C’est GRATUIT ! ❤

Le jardin secret des Hansen

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Lors de ma visite au musée Jacquemart André, j’en ai profité pour aller admirer une collection tout droit venue du Danemark. L’exposition est intitulée « Le jardin secret des Hansen » et honore les peintres français du XIXème siècle. Ce sera un article court car le sujet me parle beaucoup moins que mon habituel « bling bling » que j’affectionne tant mais je trouve tout de même que c’était une belle exposition avec de super tableaux ! Donc pourquoi ne pas aller les admirer ?

Alors, dans la catégorie passionné d’art, je vous présente Monsieur Wilhelm Hansen ! Ce danois né en 1868 est un amoureux de l’art impressionniste et plus particulièrement de l’art moderne français. Pendant deux ans, avec son épouse Henny tout aussi passionnée que lui, il accumulera une folle collection de tableaux signés par les plus grands : Monet, Manet, Degas en passant par Gauguin et Sisley et tant d’autres… Leur collection devient une vitrine de l’art moderne français au Danemark !  Dans leur Manoir, une galerie d’art rassemblant toute leur collection est ouverte au public. Aujourd’hui leur demeure est devenue un musée.

Commençons d’abord par définir ce qu’est ce fameux courant artistique : l’impressionnisme. L’impressionnisme a été une révolution. Un artiste classique restait dans l’ombre caché dans son atelier avec son modèle. Il y avait quelque chose de très intimiste. Or, arrivé au XIXème siècle, les artistes deviennent de plus en plus curieux et souhaitent peindre de nouveaux sujets, des scènes de la vie de tous les jours. Ils décident donc de sortir avec leur matériel, n’importe quel endroit se transforme alors en atelier. Les artistes impressionnistes offrent une grande place à la nature, à la lumière, au soleil. Ils souhaitent capter des moments précis, quelque chose d’éphémère qui ne se reproduira jamais : un levé de soleil, des ombres, des nuances… C’est une façon d’immortaliser un moment présent qui ne se répétera jamais pour l’éternité. Côté technique picturale aussi il y a une évolution, les coups de pinceaux sont beaucoup plus visibles et parfois presque grossiers. On voit notamment la naissance du pointillisme. Tout est une question de forme pour les impressionnistes. Faire de l’art pour l’art, créer une vérité, quelque chose à l’identique, un peu comme le ferait la photographie.

« Donner l’illusion de la vie est pour moi le principal dans une oeuvre d’art – tout doit y contribuer : la forme, la couleur, la facture. C’est la vie qui donne l’émotion »  – Alfred Sisley

Les œuvres de ces artistes sont marquées par le mouvement. On s’imagine très aisément les vagues cogner contre les rochers, le vent souffler sur les arbres et la fumée s’échapper des usines. Ce mouvement est même souvent perceptible par les traces de coups de pinceaux que l’on peut voir sur les toiles comme je le disais plus haut. C’est ce que veulent les peintres : nous montrer la réalité telle qu’elle est. Ils tentent de faire oublier toute la symbolique des choses, la psychanalyse, ils souhaitent simplement créer.

En plus des paysages, la vie quotidienne devient un sujet prédominant. On a tous en mémoire les célèbres scènes de bals et autres guinguettes de Renoir. Les artistes reproduisent de plus en plus ce qu’ils voient et non plus ce qu’ils imaginent ou ce dont ils fantasment. Il y a quelque chose de beaucoup plus cartésien et de plus terre à terre. Une simple femme en train de se coiffer peut inspirer Edgar Degas. Il va alors décider de la mettre en mouvement, d’examiner son geste et de le retranscrire sur sa toile. Même Odilon Redon, connu pour être un grand rêveur et symboliste se met à faire de « simples » natures mortes.

Les couleurs utilisées deviennent de plus en plus acidulées un peu comme si la réalité elle-même pouvait être un rêve. C’est ce que l’on trouve notamment dans les œuvres de Gauguin. On trouve dans la nature ce qu’il y a de plus beau et les artistes le prouvent.

Dans cette exposition, il y a vraiment quelque chose de pure qui se dégageait, de doux et d’agréable et je pense que c’est ça que les artistes souhaitaient donner comme impression. Il y a une forme de lenteur, comme si le temps s’arrêtait et c’est encore le sentiment que j’ai aujourd’hui lorsque je me remémore les instants passés au Musée Jacquemart André. Ces paysages pourtant statiques nous donnent vraiment l’impression du vent qui souffle et d’arbres qui bougent. C’est très poétique. La nature y est vraiment reine et c’est auprès d’elle que ces peintres impressionnistes trouvaient leur inspiration. Avec elle, une nouvelle manière de créer a émergé. Le peintre veut tout simplement découvrir le monde et ce qu’il peut lui apporter à lui et son art.

Visite du Musée Jacquemart André

Après plusieurs semaines (mois) à me dire qu’il fallait absolument que j’aille visiter le musée Jacquemart André, j’y suis enfin allée ! AMEN ! J’ai profité d’un temps pluvieux pour m’y aventurer ! Encore une fois, je l’ai découvert grâce à Instagram ! 😉 J’adore découvrir ce genre de pépite où se mêlent œuvres d’art et mobiliers anciens. Ces lieux racontent une histoire qui perdure à travers le temps.

Tout comme le musée Nissim de Camondo ou encore le musée Cognac-Jay, ce musée était à la base un hôtel particulier. Edouard André, un homme appartenant à la haute bourgeoisie (of course !) décide de construire son hôtel sur le célèbre boulevard Haussmann à Paris en 1868 ! Encore une fois, l’architecture du bâtiment s’inspire de l’art classique… Symétrie, belles lignes, colonnes corinthiennes, rien de plus canon quoi ! Il rencontre une artiste portraitiste assez reconnue : Nélie Jacquemart. Celle ci expose d’ailleurs ses œuvres au Salon. Le Salon, c’est genre… La Fashion Week du tableau ! Tout ça pour dire qu’elle est assez connue ! Edouard André lui demande de peindre son portrait. Cette petite collaboration se transformera en histoire d’amour et aboutira sur un mariage en 1881. En même temps une artiste et un passionné d’art, ils étaient fait pour être ensemble ! ‹3 Nélie aide son mari dans ses projets et le soutient. Elle participe à la mise en place des collections comme une scénographe le ferait aujourd’hui. e couple souhaite accumuler un maximum d’oeuvres d’art, objets ou encore mobiliers d’époque pour les exposer dans leur hôtel. Avec l’argent qu’a hérité Edouard de ses parents, il peut aisément se permettre de se payer toutes les œuvres dont il rêve sans jamais compter !

La beauté de ce lieu est saluée par tous ! Tout le beau monde de Paris s’y rend. Que ce soit aux réceptions ou aux bals organisés par les époux Jacquemart André. Ils réinventent sans cesse l’espace de leur hôtel. Ils apportent de nouvelles choses à chaque voyages. Pas seulement des tableaux ou des sculptures, mais aussi des fresques, des tapisseries italiennes, des boiseries… Ils ne s’arrêtent jamais ! C’est une vraie passion pour eux. S’ensuit alors des années de bonheur pour ce couple qui n’aura par ailleurs jamais d’enfants. Tout leur temps est consacré à leur passion et aux voyages.

Lorsque André décède à 60 ans, il lègue tout à sa chère et tendre. Dévastée par la perte de son époux, Nélie Jacquemart doit aussi subir l’avarice des cousins d’Edouard qui veulent absolument récupérer la fortune du défunt. Heureusement, Nélie obtiendra gain de cause.

Seule, elle continue à voyager à travers le monde entier. Elle part jusqu’au Japon mais aussi en Inde pour enrichir encore plus sa collection. A sa mort, elle lègue l’hôtel particulier à l’Institut de France en précisant TOUT dans un testament. Quand je dis « TOUT », j’entends par là qu’elle va jusqu’à préciser comment les œuvres doivent être placées et les modalités de visite ! En même temps, cet hôtel est le travail de tout une vie ! Nélie souhaite que leur collection servent à enseigner… Je trouve ça tellement cool qu’aujourd’hui on puisse encore s’y rendre et voir des choses qu’il y avait déjà à l’époque au XIX ème siècle ! C’est dingue quand on y pense… L’hôtel devient alors officiellement le Musée Jacquemart André en 1913.

Ce musée est vraiment très très beau ! C’était le moment idéal pour y aller puisque le temps créait un magnifique clair-obscure dans les salles ! Il y a énormément de choses à voir. Plusieurs salons où le couple Jacquemart André recevait leurs invités. Il y a aussi des salons privés comme par exemple le cabinet de travail et des anti-chambres. Ça me faisait un peu penser à Versailles et aux salles de jeux que l’on peut y trouver.

Il y a aussi un petit musée italien où l’on peut trouver énormément de sculptures, tableaux et boiseries tout droit arrivés d’Italie ! Ils étaient passionnés par l’art Renaissant et l’Italie est le berceau de ce courant artistique.

Les chambres de Nélie et Edouard sont aussi à l’identique ! Oui, ils faisaient chambre à part… HAHA Ca m’a un peu étonné puisque qu’on se trouve quand même presque en 1900 ! Après, ça se passait peut être comme ça dans la haute bourgeoisie ! En tout cas, ce que l’on peut trouver comme mobilier dans les chambres est vraiment canon ! Ça me fait tellement rêver ce genre décor ! J’adore ! Les petites lampes, les paravents, les imprimés, le lit à baldaquins, les fauteuils Louis Philippe… ❤ Autant dire que j’ai pris un sacré plaisir à y errer !

Rubens, portraits princiers au Musée du Luxembourg

ENFIN ! Me revoilà avec un nouvel article ! Je reviens donc avec la suite de mon article consacré à l’exposition sur Rubens au Musée du Luxembourg. Pour tout vous dire, si j’ai mis autant de temps à revenir sur le blog c’est parce que j’ai participé au court métrage de mon ami entant que costumière  ! Vous avez sûrement pu voir quelques photos si vous me suivez sur Instagram 😉 ! C’était une super expérience que j’espère vite réitérer ! Forcément, le projet m’a prit pas mal de temps et beaucoup d’énergie puisque j’enchaînais directement après mon travail. Je n’avais vraiment aucun temps à consacrer à mon blog et lorsque je rentrais le soir je n’avais qu’une envie : DORMIR ! Me voici donc pour vous parlez de cette exposition ! 😉

J’ai un peu parlé de Rubens dans les grandes lignes dans mon précédent article ! Je parlais du lien qu’il y avait entre lui et la Reine de France Marie de Medicis (1573-1642) et comment ce peintre avait atterri à la cour à peindre les plus puissantes têtes couronnées ! L’exposition commence d’ailleurs à raconter l’histoire de ce duo ! La reine, épouse du roi Henri IV, souhaite immortaliser leur union et choisi alors Rubens pour créer cette dernière preuve d’amour. Commence alors une longue collaboration entre ces deux personnages. Rubens devient le peintre officiel de celle que l’on appelle la « Reine Mère ».

L’exposition revient d’abord sur sa formation. Rubens est grandement connu pour ses peintures religieuses et mythologiques. La mythologie greco-romaine est clairement le thème favori des artistes à travers plusieurs périodes puisqu’il permet de raconter des histoires mettant en scène des héros. De plus, les figures grecques représentent la perfection… On pouvait peindre une Vénus complètement nue ou une Diane sortant du bain sans que cela ne cause aucune controverse. Or, si les artistes peignaient une « vraie » femme, la censure était assurée ! Tout était une question de mœurs. Le nu, le vulgaire, était réservé au pamphlet. Les déesses étaient donc une très bonne raison pour faire du nu sans avoir de problème ;). Mais voici que l’on s’égare…

Concernant Rubens, il décide de partir en 1600 en Italie sous les conseils de ses proches pour parfaire sa technique, étudier au cœur de l’art renaissant et s’entourer des meilleurs. Il y a une réelle volonté chez lui d’exceller et de devenir LA référence ! Les peintres flamands sont d’ailleurs réputés pour être de très bons portraitistes. A seulement 23 ans, il se fait remarquer par le Duc de Mantoue, Vincent de Gonzague, pour qui il peindra plusieurs portraits et deviendra officiellement peintre à la cour. Grâce à l’argent que lui donne le Duc, Rubens a le luxe de voyager à travers l’Italie et d’étudier les plus grands artistes. Titien, Michel-Ange, Caravage, Raphael, Leonard de Vinci… Ces grands artistes influenceront énormément son travail. Plus qu’un simple peintre, Rubens rêve de devenir un savant de la peinture. Il étudie donc le travail des plus grands !

Suite à la maladie de sa mère, Rubens est obligé de quitter l’Italie et de rentrer chez lui à Anvers. Là, sa notoriété le surpasse et on lui propose une offre qu’il ne peut refuser : Albert d’Autriche et son épouse Isabelle d’Espagne, souverains des Flandres le veulent comme peintre officiel. Ils lui laissent une grande liberté. Rubens, tout en peignant des portraits de la famille de ses souverains, peut d’un autre côté rencontrer de nouveaux clients et faire connaître ses talents auprès des familles les plus puissantes de l’Europe.

Sur ses œuvres, on peut clairement voir le savoir faire et le travail si méticuleux de l’artiste ! Ces souverains sont sublimés dans leur plus beaux apparats. On remarque tout de suite l’ombre de Caravage : ce rideau rouge, si théâtral… Ces modèles sont mis en scène. En même temps, ces tableaux sont vus de tous, il faut donc montrer la puissance de ces ducs et duchesses. Le détail des vêtements est aussi assez incroyable ! L’imprimé de l’armure, la dentelle des robes, les bijoux, les fraises… J’adore !

Il est maintenant temps d’aborder le sujet : Marie de Médicis ! Comme je le disais plus haut,  des années après la mort de son époux Henri IV, la souveraine souhaite que Rubens peigne une oeuvre à la gloire de leur vie passée ensemble. En 1621, elle « embauche » le peintre pour se créer son propre album de famille ! Son mari, ses enfants, les époux de ses enfants… Tout le monde y passe ! Marie de Médicis a des liens de parenté avec les plus grands familles souveraines d’Europe. C’est une longue collaboration qui commence entre ces deux personnes ! Rubens immortalise de nombreux instants de sa vie. De plus, maintenant que son mari est mort et qu’elle est devenu régente, elle doit prouver son statut de souveraine à l’Europe. Les portraits la mettront souvent en valeur, en reine forte et puissante. Les toiles la représentant sont d’ailleurs gigantesques ! (C’est pour cela que je n’ai pas de photos… Elles ne donnaient pas assez bien haha !). Rubens la peint tantôt comme souveraine tantôt comme reine rejetée et c’est d’ailleurs lui qui la recueillera et s’occupera d’elle lorsque tout le monde lui tournera le dos… Ce qui prouve leur lien très fort, leur amitié qui s’est tissée au fil des années…

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A quoi sert les portraits ? Grâce à de nombreux subterfuges et symboles, ils permettent de mettre en valeur une personnalité, à la magnifier. Ces princes et princesses deviennent des héros, des vaillants chevaliers ou femmes de très haute vertu. Sont-il vraiment représentatifs de la vérité ? A savoir que les portraits étaient souvent commandés pour offrir en cadeau ou bien pour les mariages arrangés. La vérité n’y est-elle pas en réalité masquée ? Les personnalités y sont lissées et les défauts gommés… Ces souverains se  montraient sous leur meilleur jour dans des scènes valorisantes. Ces tableaux ont en tout cas marqué l’histoire. Ils sont une preuve à travers le temps de faits historiques !

Ce qui est sûr, c’est que Rubens a su s’imposer et devenir un des meilleurs portraitistes de son temps ! Il a joué un rôle important dans l’histoire de ces têtes couronnés et aujourd’hui sans lui, qui se souviendrait d’elles ?