The Rocky Horror Picture Show

S’il y a bien un film dont je ne me lasse absolument pas, c’est bien The Rocky Horror Picture Show ! Je l’ai découvert au lycée, un peu à la même époque où je découvrais simultanément l’univers de la photographe Irina Ionesco et celui du cinéaste Stanley Kubrick ! Ambiaaaaaaaaance !

The Rocky Horror Picture Show est à la base une comédie musicale créée par Richard O’Brien en 1973. Deux ans après seulement, la comédie musicale est adaptée en film avec pour acteur principal : Tim Curry ! Le scénario est plutôt simple, Brad Majors et Janet Weiss, fraichement fiancés, décident d’aller rendre visite à leur ancien professeur. Mais en pleine nuit, l’orage grondant et sous une pluie battante, voilà que le pneu de leur voiture éclate ! A l’époque, impossible d’appeler une dépanneuse avec son Iphone, la seule solution reste donc de s’aventurer à travers la forêt et de suivre la lumière pour atterrir enfin dans un manoir peu rassurant… Tout cela en chantant bien sûr, parce que c’est carrément plus cool ! Le jeune couple arrive alors en plein milieu d’une fête plus qu’étrange et le personnel des lieux s’avère être encore plus inquiétant ! Là, ils font la rencontre du maître de maison. Ce dernier fait une entrée digne du Comte Dracula. Un Dracula ayant certes abusé de l’eye-liner et du blush : le Dr Frank-N-Furter.

Ce film (ou plutôt cette comédie musicale) est clairement une parodie de films d’horreur et mélange plusieurs genres comme par exemple la comédie, le fantastique et même la science-fiction. Plusieurs passages ainsi que plusieurs personnages font références à de grandes figures de l’horreur comme par exemple cité plus haut, le Comte Dracula, ou bien encore Frankenstein. Le film n’est pourtant en rien horrifique. Pour moi, il joue avec le grotesque. Il y a vraiment des scènes à pouffer de rire, des parodies de films d’horreurs notamment lors de la scène du « rockeur-zombie » Eddie qui est achevé une seconde fois par le Docteur Frank-N-Furter sous les cris plus qu’exagérés et stridents de son amante, Columbia.

De plus, tout vacille dans ce manoir comme si Brad et Janet avaient quitté le monde réel, qu’ils avaient atterri sur une autre planète… Et c’est le cas de le dire ! Les personnalités changent complètement. Janet, qui au début de l’histoire est une fille « bien sous tout rapport », se transforme complètement en entrant au Manoir pour devenir une femme assez légère. Elle se laisse tranquillement aller au plaisir de la chaire avec tout le monde (j’exagère juste un peu ! 😉 ) sauf son fiancé ! Le film joue clairement avec les images, les étiquettes et les genres.  C’est d’ailleurs intéressant de voir le paradoxe qu’il existe entre d’un côté, Brad et Janet qui sont très pudiques et très respectueux, et de l’autre côté, les habitants du manoir qui n’ont vraiment aucune limite ! La barrière entre les deux peut très vite être franchie ! Il n’existe vraiment aucun interdits dans le manoir du Docteur !

Cela a d’ailleurs énormément été reproché aux films. Par conséquent, il n’a pas été un franc succès à sa sortie. En effet, les gens trouvaient que le film prônaient de très mauvaises valeurs et le jugeait beaucoup trop sexuel. Des thèmes assez tabous tels le sexe, la drogue ou encore le voyeurisme y sont clairement abordés et même chantés très gaiement ! Les danses sont plus qu’explicites… Je me doute donc que ce « midnight movie » a du faire un sacré scandale à  son époque ! Mais bon, en attendant, 40 ans après, le film est encore programmé dans certains petits cinémas ! Notamment dans quelques petites salles de Paris à chaque Halloween ! 🙂 Il existe encore énormément de fans aujourd’hui, le film est vraiment devenu culte !

Personnellement, je connais toutes les chansons par cœur… 😀 Elles accompagnent parfaitement l’univers du film et en disent long sur les personnages ! Elles ne sont pas contre jamais innocentes… L’esthétisme du film est aussi vraiment chouette ! Tout se joue comme dans une pièce de théâtre. Les décors sont vraiment sympas sans parler des costumes (quand il y en a 😉 ) ! C’est quand même assez osé pour un film de ces années là ! Tim Curry est plus que génialissime dans ce rôle de sadique à porte-jaretelles et talons hauts ! La première fois que je l’ai vu, je ne savais même pas que c’était lui qui jouait le rôle du Docteur Maboule ! Ça m’a vraiment étonné ! Je  le trouve vraiment parfait ! J’adore tous les personnages ! Les folles amies Magenta et Columbia qui se moquent sans cesse du pauvre couple. Riff Raff (interprété par Richard O’Brien lui même) le serviteur bossu plus qu’effrayant qui ne met pas du tout à l’aise avec son teint blafard et sa voix plus que grotesque… Et ce couple si mignon que forme Brad et Janet, qui en arrivant dans ce manoir de fous, vrille complètement… Tout n’est qu’exagération dans The Rocky Horror Picture Show ! De plus, je suis obligée de terminer avec le « Sweet Transvetite » puisqu’on ne peut que s’attacher au Docteur Frank-N-Furter ! Il est tellement drôle, tellement libre qu’on en oublie très aisément sa folie ! Et comme il le chante si bien :

« Don’t judge a book by his cover » ❤

Docteur

« Du futile à l’utilité pfff… Il n’y a qu’un souffle ! »

Hier soir, j’ai eu la chance de participer à l’atelier « Eventails & Souliers » organisé par la célèbre marque de chaussure Maison Ernest avec en guest Elsa Fabrega, créatrice des sublimes éventails En cas de Chaleur.

C’était la première fois que je mettais les pieds dans une boutique Maison Ernest ! Celle ci est située prêt du Moulin Rouge et à été créée en 1904 ! Je l’ai trouvé vraiment très jolie ! De part mon métier, je suis très sensible au visuel et à l’identité des choses ! La boutique est petite, très intime. Des moulures ornent le plafond, les couleurs dominantes sont le rouge, le noir et le blanc, un grand lustre baroque se trouve au centre. Il y a même une moquette imitant un carrelage blanc ! C’est très jolie, très chic, on s’y sent très bien et on a vite envie d’essayer des chaussures ! Celles-ci sont d’ailleurs parfaitement exposées ! Elles servent carrément au décor et sont posées sur des petites plateformes dorées. On pourrait les admirer pendant de très longs moments ! Les éventails se glissent subtilement entre les souliers et collent parfaitement à l’univers glamour et érotique de la marque Maison Ernest.

Ayant déjà trouvé mon dieu vivant en la personne de Christian Louboutin je pense avoir trouvé ma déesse vivante en terme de chaussures ! On a eu la chance d’avoir la présence de la directrice artistique de la maison, Isabelle Bordji ! Elle nous a raconté toute l’histoire du soulier et c’était tellement intéressant ! Au départ le talon était réservé à la noblesse au XVI° et XVII° siècle puis arrivé à la révolution française au XIX°, le talon haut a connu une très mauvaise réputation car ce sont les « femmes de petite vertue » qui les portaient. Après cela, dans les années 60-70 et suite à la révolution sexuelle, les femmes souhaitent s’émanciper de ces objets qu’elles trouvent inconfortables, avilissants voire même dégradants et ne veulent plus être vues comme des objets sexuels. Ce n’est que vers les années 2 000 qu’il y a une vraie remise en question et que l’on a pu voir un réel essor de designers spécialisés dans la création de souliers ! De plus Isabelle nous a donné son avis sur les talons hauts. Ce qu’elle a très souvent remarqué, c’est que les femmes qui aimaient autant ce genre de chaussures et qui en portaient régulièrement étaient souvent des femmes sûres d’elle, indépendantes et qui aimaient leur corps tel qu’il est ! Elles ne se cachent pas, n’ont pas peur de se faire remarquer. Je suis tellement d’accord avec ça et je trouve que l’acceptation et l’affirmation de soi est tellement important ! Aujourd’hui, on a envie d’être soi-même et ça fait tellement de bien !

Quant aux chaussures en elles-mêmes pour en avoir essayé une paire elles sont vraiment géniales et je pense bien craquer prochainement pour ma toute première paire ! Celles que j’ai essayé sont le modèle « Go » crée par Jean-Paul Gauthier lui même (oui oui !!!) ! J’ai été incroyablement étonnée par leur confort ! Et pourtant, elles font 12cm de hauteur ! Et leur bout pointu est aussi très agréable ! La chaussure s’adapte parfaitement au pied ! Je les aime !

En plus de tout cela, j’ai aussi beaucoup appris sur ce petit objet que toutes nos grand-mères ont chez elles et qui a disparu aujourd’hui : l’éventail ! Elsa Fabrega tente de le remettre au goût du jour et les siens sont fabuleux ! Elle nous a aussi parlé de l’histoire de cet objet développé en Andalousie au XVI° et XVII° siècle. Les mœurs étaient très différentes de celles d’aujourd’hui. Les femmes n’avaient pas les mêmes droits. Cet objet était donc pour elles un objet de séduction, qu’elles utilisaient pour se faire comprendre car oui, il existe bel et bien un langage de l’éventail ! Comme par exemple faire glisser l’éventail sur sa joue et le poser sur son menton veut dire « je vous aime » ou bien encore, placer l’éventail à moitié ouvert sur ses lèvres signifie « embrasse-moi ». Les femmes rusaient pour pouvoir communiquer avec leur amant jusqu’à même leur proposer des rendez-vous de loin, juste en ouvrant quelques baguettes de leur éventail pour indiquer une heure ! C’est juste incroyable ! Aujourd’hui, il en existe de toutes les tailles et de toutes les matières. Il y en a en papier, en dentelle ou encore carrément en plume ! Pour tous les goûts ! Elsa souhaite donc remettre l’éventail sur le devant de la scène ! Peintre de formation et ayant aussi étudié la restauration d’oeuvre d’art, elle commence suite à un voyage à Singapour de peindre des petites scènes érotiques sur des éventails. Elle décident enfin à commercialiser son art et à faire imprimer ses dessins directement sur le papier des éventails et ils sont vraiment vraiment VRAIMENT très beaux ! Je n’ai pas pu résister à l’envie de m’en offrir un : le « Mad Legs! » ! Et j’ai bien fais puisque celui que ma grand-mère (qui elle même l’a reçu de sa mère) m’a donné est très vieux et très abîmé ! Vous l’aurez donc compris, en plus de pouvoir acheter les éventails d’Elsa sur son site internet, on peut aussi se rendre directement aux boutiques Maison Ernest car ils y sont aussi proposés !

Pour conclure, il y a un réel lien entre le soulier et l’éventail. Et je n’y aurais jamais pensé toute seule. Une jolie paire de chaussures, un joli éventail … Ça se remarque tout de suite ! Il y a aussi quelque chose de très sensorielle chez les deux objets. Personnellement j’adore regarder mes jolies chaussures que j’ai carrément exposées sur ma bibliothèque proches de mes plus beaux livres ! j’adore les toucher, les essayer même si je ne sors pas, juste pour le plaisir ! Et je peux vous dire que c’est pareil pour mon nouvel éventail ! J’arrête pas de le regarder, de l’ouvrir, de le fermer ! J’adore ce bruit ! Tout comme j’adore le bruit que les talons hauts fond lorsqu’on les a aux pieds ! D’ailleurs on me reconnait toujours aux sons de mes pas ce qui est assez drôle ! J’ai toujours le droit à de gentilles réflexions :

« Je savais que c’était toi avant même de t’avoir vu ! »